jeudi 4 octobre 2018

Chronique: "L'impasse du chat" de Marie Havard

Je commence une série de chroniques à partir des nouvelles publiées dans l'IndéPanda n°6 d'octobre 2018, gratuit je le rappelle. Pour cette première, je vais partager avec vous mes réflexions personnelles sur celle de Marie Havard, un délicat mini thriller qui s'intitule "Dans l'impasse du chat".



   Cette petite histoire nous est racontée à travers les yeux d'un chat, spectateur du meurtre de son "Propriétaire Nourrisseur" par "l'Homme Meurtrier". S'engage alors une lutte haletante entre l'idiotie d'un côté et l'empathie de l'autre.
Ce chat ? Dans une impasse ? Je m'arrête là pour ce résumé. Je vous laisse découvrir la suite, un bon thriller ne se gâche pas par un résumé trop long. Je vous ai donné tous les mots clés.

   Je vais commencer par donner mon sentiment général sur une note de délectation. J'y ai retrouvé ce que j'aime en matière stylistique ; une écriture fluide, des enchaînements bien construits, et des mots à la sonorité souple qui donnent du relief au texte, au milieu de champs lexicaux adaptés à chaque changement d'émotions. Le tout, sans que vous n'ayez besoin de vous pencher dessus comme je l'ai fait. C'est d'ailleurs ce que l'on peut attendre d'un texte de bonne tenue.

   Je dois cependant être franc, je ne suis pas fan à la base des littératures policées ( qui n'est pas synonyme de sage bien sûr ), mais si c'est votre cas, vous allez trouver dans cette nouvelle ce qu'il vous faut.
   Ne vous attendez pas non plus à recevoir une claque, vous ne trouverez rien qui cherchera à vous scotcher, car la narration est -- volontairement à mon avis -- douce, légère, souvent sobre, même dans les parties plus animées où la tentation du sur-jeux est grande -- à l'exception d'un passage sur lequel je ne peux m'exprimer sans spoiler. Marie nous laisse entrer dès les premières lignes dans l'image que l'on peut avoir d'un chat domestique, dans son affectuosité, d'abord nonchalante, mais qui ensuite oscillera entre naïveté, courage et perspicacité.

   Une narration d'un velours tantôt délicat, tantôt enlevé. Bel exercice de style, que je juge pour ma part, très réussi.

   Pour revenir sur les changements de rythme, il n'est pas toujours facile dans une nouvelle de s'attarder sur ce qui pourrait les préparer, et ainsi les mettre en valeur. Il est souvent plus sage de simplifier les situations pour donner plus de place aux seules descriptions nécessaires, ce que Marie a réussi en se concentrant sur les émotions du chat plutôt que celles des autres protagonistes qui n'auraient été que conjectures.

   J'ai toutefois relevé quelques petites incohérences, comme l'apparition/disparition furtive de 2 personnages ultra-secondaires, des détails de la vraie vie que même un chat ne peut pas connaître, la première intervention de la "voisine" (le seul endroit qui a cassé la fluidité de ma lecture). Cela dit en passant, Marie, un surnom comme les autres personnages pour cette voisine aurait été parfait !

   Enfin, même si le centre de gravité de l'histoire n'est pas très crédible dans l'absolu -- pourquoi pas après tout, la liberté ça se prend -- on arrive à passer outre grâce à tout ce qu'il y a autour.


Merci à l'IndéPanda d'avoir choisi de nous faire découvrir cette agréable nouvelle, qui le mérite.



Marie Havard est aussi l'auteur de "Les Larmes du Lac"


Résumé
Anne arrive à St Andrews, en Écosse, après avoir tout quitté. Sa vie a basculé le jour où elle a perdu son bébé, et après ce drame, elle cherche à se reconstruire. Lorsqu’elle découvre que la vieille demeure de Lochan Wynd, dans laquelle elle habite, cache un terrible secret, c’est le début d’une enquête entre réalité et illusion…
Qu’est-il arrivé dans la chambre avec vue sur le lac ? Comment démêler le vrai du faux à propos des légendes qui planent sur la ville ? Qui est réellement Rebecca, l’étrange voisine ? Rencontres mystérieuses, faits étranges, les fantômes du passé sortent peu à peu de l’ombre…

Disponible sur Amazon en version kindle et papier.
Lien vers son blog : www.mariehavard.com
Lien vers sa page Facebook : https://www.facebook.com/mariehavard.auteur/




1 commentaire:

  1. Voici la réponse de Marie Havard à ma chronique:


    Bonjour Marc,

    voici ma réponse, si tu souhaites la rajouter à ton article :

    Tout d'abord, Marc, je te remercie pour ta lecture attentive et pour cette chronique détaillée.
    Cela fait tout drôle, de savoir son texte étudié, décortiqué par un chroniqueur !

    C'est la première fois que je me lance dans l'écriture d'un thriller, étant habituellement plus portée sur les textes plus doux. Je suis pacifiste et je n'aime pas la violence :-)
    C'est peut-être pourquoi tu trouves l'écriture "policée", et tu as tout à fait raison.

    Je suis ravie que le rythme de la nouvelle t'ait séduit, et en ce qui concerne la crédibilité ou pas, il est vrai que j'aime beaucoup prendre des libertés et jouer avec le fantastique, le surréaliste... C'est mon côté rêveuse certainement.

    Il me semblait avoir donné à la voisine le surnom de Vieille Dame, mais je ne l'ai peut-être pas assez souligné, en tout cas j'ai omis les majuscules qui en auraient fait un surnom. Et bien sûr, le terme voisine n'avait rien à faire là ! Merci de l'avoir souligné.

    Merci pour cette analyse et à très bientôt Marc !

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